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Tâchons d'enlever cette tache

Alors : accent ou pas accent ?


Une tâche (avec accent circonflexe) signifie « travail défini à accomplir ». La difficulté à taper un accent circonflexe au clavier devrait suffire à rappeler qu'une tâche est bien souvent pénible...


Une tache (sans accent circonflexe) n'est pas plus réjouissante, puisqu'il s'agit là d'une marque salissante, mais on en vient généralement plus vite à bout...


De gaieté de cœur

Gaieté fait partie de ces mots qui n'ont l'air de rien et pourtant sèment facilement le doute au moment de l'écrire. D'autant que la rue à Paris a conservé la graphie Gaîté (avec un accent circonflexe sur le i), aujourd'hui vieillie (mais encore possible).

De même les adverbes dérivés s'écrivent respectivement gaiement ou gaîment.

Nulle attestation d'un gaité, sans ni e ni î.
C'est donc de gaieté de cœur que les hommes se rendent rue de la Gaîté.


Ha ha ha ! Aaaaah ! « à » ou « a » ?

Un à (avec accent grave) est une préposition, tandis qu'un a (sans accent) est la conjugaison du verbe avoir à la troisième personne du singulier : il, elle, on a.
Pour savoir lequel convient dans une phrase, il suffit de remplacer le a par avait : si la phrase reste cohérente, c'est qu'il s'agit bien du verbe avoir (donc sans accent), sinon, après avoir bien ri, n'oubliez pas l'accent grave :

  • Cet homme a une belle moustache. / Cet homme avait une belle moustache. OUI ! => a
  • Cet homme à la belle moustache s'appelle Dupont. / Cet homme avait la belle moustache s'appelle Dupont. NON ! => à
  • Elle a mangé tous les chocolats. / Elle avait mangé tous les chocolat. OUI ! => a
  • Tous les dimanches, il part à la campagne. / Tous les dimanches, il part avait la campagne. NON => à

Une poêlée de paella ?

Comme cela arrive souvent, le plat (ustensile de cuisine) a donné son nom à un plat (le mets). On emploie parfois poêle pour poêlée.
Et la première attestation du mot remonte aux environs de 1150, sous la forme de paielle (dans la chanson de geste Charroi Nîmes, provenant du cycle de Guillaume d'Orange).
La paella fait son apparition dans nos dictionnaires en 1926 sous la forme paelia, puis en 1938 : paëlla, avec un tréma définitivement perdu en 1963. Ces différentes graphies avaient pour but d'aider à la prononciation...
Toujours est-il que la recette née dans la campagne valencienne s'est tout de suite appelée paella (en espagnol dans le texte, s'il vous plaît !) parce que le riz était cuit dans une  grande poêle, mot emprunté au catalan paella (attesté depuis le XIVe siècle) lui-même emprunté à l'ancien français paele (poêle).
Si certains nostalgiques écrivent encore paella avec un tréma, d'autres (à moins qu'il ne s'agisse de la même bande d'irréductibles ?) font appel à leur mémoire reptilienne et troquent l'accent circonflexe de poêle pour, là encore, un tréma... graphie attestée au tout début du XVIIIe siècle, quand on hésitait encore entre poele (sans accent), poële ou poile, pour respecter la prononciation. Finalement, on opta pour poêle (avec un accent circonflexe pour indiquer la labialisation de la voyelle, autrement dit avec un mouvement arrondi des lèvres).
Par ailleurs, qu'il s'agisse de l'ustensile de cuisine (la poêle), de l'appareil de chauffage (le poêle) ou encore du drap funéraire (le poêle, drap noir pour un adulte, blanc pour un enfant, qui recouvre le cercueil lors de la cérémonie mortuaire), poêle s'écrit pareillement. Simple, non ?

Le tréma

Le tréma est un signe orthographique qui indique que la voyelle (e, i ou u) ne se prononce pas. 
Ainsi, Mme de Saint-Saëns et Mme de Staël se disent « Mme de Saint-Sansse » et « Mme de Stal ».
Certains adjectifs en u (aigu, ambigu, exigu) s'écrivent au féminin avec un tréma sur le e  pour respecter la prononciation en  « gue ».