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L'air de rien...

Pour ne pas avoir l'air bête, sachez que l'accord se fait avec le sujet quand :
  • il s'agit de choses, parce qu'alors le verbe a le sens de sembler, paraître : Cette chaise a l'air bancale ; Cette proposition a l'air sérieuse ; ces bois ont l'air sombres ;
  • il s'agit de personnes et que le verbe a encore le sens de sembler, paraître : Cette grand-mère a l'air gentille ; Ces paysans m'ont l'air costauds ;
  • ou si le sens interdit l'accord avec air : Elle a l'air bavarde (on ne saurait avoir une mine bavarde !).

ASTUCE
Pour savoir si avoir l'air s'entend, avec des personnes, comme sembler, paraître, il suffit de voir si l'on peut intercaler le verbe être entre avoir l'air et l'adjectif : Cette grand-mère a l'air [d'être] gentille ; Ces paysans m'ont l'air [d'être] costauds ;



Mais si :
  • air se comprend comme mine, physionomie, l'accord se fait avec air (masculin singulier) : Cette jeune fille a l'air sérieux ; Tes amis n'ont pas l'air triste ;
  • air est suivi d'un complément, l'accord se fait obligatoirement avec air : Cette dame Pipi a l'air sérieux comme un pape.

    Tout ce qu'il y a de plus...

    Tout ce qu'il y a de plus est une locution dite figée (le verbe avoir reste au présent, même si le contexte est passé) signifiant « extrêmement ». L'accord se fait le plus souvent au masculin singulier, bien que l'accord en genre et en nombre soit assez fréquent.



    • Déguisés comme ça, vous serez tout ce qu'il y a de plus voyant.

    Tout ce qu'il y a de...

    Le verbe ayant pour sujet tout ce qu'il y a de + nom au pluriel se conjugue à la troisième personne du singulier : 
    • Tout ce qu'il y a de chiens dans le quartier vint renifler le poule rôti posé sur le rebord de la fenêtre.

    À noter que jusqu'au XIXe siècle, l'accord se faisait au pluriel.


    Un article des plus intéressants

    Avec la locution « des plus » + adjectif venant après un substantif au singulier, la question se pose : faut-il accorder l'adjectif en genre et en nombre ? D'autant que la réponse est oui ! Ce qui donne, par exemple :

    • Cet article sur l'accord avec la locution des plus est des plus pertinents.
    • Une mouche des plus énervantes m'a gâché la nuit à bourdonner sans cesse.

    Un va-nu-pieds

    Si le mot n'a pas changé de sens depuis qu'il a fait son apparition (en 1639 : personne très pauvre, misérable, vagabond ; personne très sale, déguenillée), il avait une toute autre orthographe : va nuds pieds (nu s'écrivait alors avec le d de nudité).
    On trouve encore va Nuds-pieds (avec un trait d'union) en 1646 pour désigner un petit corps d'Armée de rebelles normands.
    Et bien qu'une variante ait été proposée en 1990 (un vanupied, des vanupieds), la forme correcte actuelle est un va-nu-pieds (avec deux traits d'union, pas de s à nu mais un à pied).

    Mettons-nous d'accord : s'en prendre à

    S'en prendre à est une locution verbale signifiant attaquer quelqu'un (ou quelque chose) en l'accusant. Évidemment, c'est nettement moins glamour que de se prendre à quelqu'un qui veut dire s'attacher à cette personne....


    La construction de cette locution est assez bizarre, associant deux pronoms, se et en, sans réelle fonction syntaxique (autrement dit, ils ne renvoient à rien). Ce qui fait que s'en prendre à se comporte comme un verbe pronominal, avec accord en genre et en nombre du participe passé pris.
    • Ses voisines s'en sont prises à Mamie parce que son chat a mangé leur canari.

      On est d'accord ?

      Alors, accord ou pas, avec le pronom on ? Les deux, mon capitaine !

      Le verbe s'accorde en nombre et en genre quand on a valeur de pronom personnel, en remplacement de je, tu, nous ou vous.
      • On est sorties entre copines.


      Mais quand on ne désigne personne en particulier, il impose les marques du masculin singulier aux adjectifs et participes passés qui s'y rapportent.
      • On est toujours idiot quand on est amoureux.

      Mille-feuille ? Mille-feuilles ? Millefeuille ? ou Millefeuilles ? Mille sabords !!!

      Si l'orthographe de cette délicieuse pâtisserie a longtemps posé problème (un mille-feuille, ou un mille-feuilles ? sous-entendu que s'il y a mille feuilles, la marque du pluriel s'impose dans ce mot composé), la réforme des années 90 vient à point pour une version soudée et donc simplifiée : un millefeuille (sans s) et des millefeuilles (avec s, au pluriel). Facile, non ?

      Malgré tout, les dictionnaires admettant les deux graphies (hors Le bon usage de Grévisse qui, dès 1975 ne connaît que la version soudée), il est très courant et non fautif d'écrire encore un mille-feuille.


      À noter aussi que, au féminin, le mot millefeuille (toujours soudé) désigne une plante que je ne vous recommanderai pas de goûter. 

      Faut-il accorder « ci-joint » ou pas ?

      À chaque fois que l'on veut attirer l'attention sur une pièce jointe, la question se pose : faut-il  accorder ci-joint avec le dénominatif qu'il précède ?
      Doit-on écrire « Veuillez trouver ci-joint (?) ou ci-joints (?) les documents ultra-confidentiels que j'ai dérobés à mon patron sur Facebook » ?

      En vérité, la règle est simple : placé en tête de phrase, ci-joint est invariable.
      • Ci-joint la photo de ma mère.
      De même lorsqu'il n'y a pas d'article entre ci-joint et le mot qui le suit. (ci-joint a alors une valeur d'épithète ou d'attribut).
      • Vous trouverez ci-joint facture pour votre commande.
      En revanche, ci-joint s'accorde avec le nom qu'il précède s'ils sont séparés par un article.
      • Je vous retourne ci-jointe la lettre reçue.


      À NOTER

      Cependant la règle reste floue selon que l'auteur a donné à ci-joint valeur d'épithète ou d'adverbe ; ainsi pourra-t-on trouver :
      • Je vous retourne ci-joint la lettre reçue. (pas d'accord car valeur adverbiale)

      Soi-disant

      En toute logique, ne peuvent être soi-disant que ceux capables de « dire de soi », autrement dit les humains :
      • On entend beaucoup de soi-disant chanteurs à la radio.
      Soi-disant s'entend alors comme synonyme de « qui  prétend à tort être tel », ou encore  « censé, présumé ».

      Adjectif, soi-disant est invariable ; ce qui ne fut pas toujours le cas puisqu'on peut lire « Quand on revient de chez ses sorcières ou soi-disantes [la Voisin et ses pareilles] » sous la plume de Mme de Sévigné (1680).



      Soi-disant s'emploie aussi comme adverbe (prétendument) :
      • Il ne prend plus de douche, soi-disant par engagement écologique.
      On le trouve encore dans la locution adverbiale soi-disant que :
      • Soi-disant qu'il avait faim, il s'est acheté une andouillette pour son goûter.
      Toujours est-il qu'appliqué à un sujet non-humain, soi-disant est fautif. De même que la graphie soit-disant.




      En personne

      En personne se rapporte toujours au sujet du verbe, et demeure invariable, quel que soit le nombre d'individus. 
      • Elles ont fait le déplacement en personne.
      • Ce texte aurait plus d'impact si vous le signiez en personne.
      • Pourtant, j'y étais en personne


      Sans : suivi d'un singulier ou d'un pluriel ?

      Le problème avec sans, c'est que cette préposition introduit souvent un nom sans article. Difficile alors de savoir si ce nom doit être au singulier ou au pluriel, d'autant qu'il n'y a pas de règle ! Seule la logique peut vous aider à y voir plus clair.

      L'astuce, c'est de remplacer sans par avec :
      • Ce film est sans intérêt (avec un seul intérêt)... et dommage pour nous !
      • ce crédit est garanti sans intérêts (avec des intérêts)... et tant mieux pour nous !


      Dans la plupart des locutions adverbiales et adjectivales, sans est suivi d'un singulier :
      • sans commentaire
      • sans condition
      • sans connaissance
      • sans défense
      • sans douleur
      • sans doute
      • sans encombre
      • sans façon
      • sans faute
      • sans précédent
      • sans regret
      • ...

        Nu et Demi

        Nu et demi sont invariables devant un nom, auxquels ils sont reliés par un trait d'union :
        • des nu-pieds, un va-nu-pieds
        • une demi-heure, deux demi-frères


        Après un nom, ils s'accordent, nu en genre et en nombre, demi en genre seulement :
        • Dès les premiers rayons du soleil, elle se promène jambes nues.
        • Il est huit heures et demie.